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Mise en œuvre et expérimentation d’une méthodologie crédible de contrôle du carbone dans les plantations de café

8 décembre 2011

Le changement climatique est un des plus grands défis auxquels fait face l'humanité, contribuant à la perte de biodiversité, la désertification, les migrations humaines forcées, les pénuries d'eau, les catastrophes météorologiques et la pauvreté. Comme tant d'autres, les producteurs de café ressentent les effets du changement climatique, mais ils peuvent aussi jouer un rôle important dans l'atténuation de ces changements.

Afin d’aider les agriculteurs à contribuer aux efforts pour atténuer le changement climatique, Rainforest Alliance s’est associé, dans le cadre d’un partenariat, à la Société Financière Internationale (SFI) qui est membre du Groupe de la Banque Mondiale, ECOM Agroindustrial Corporation, le 3e plus gros négociant de café dans le monde, ainsi qu’aux caféiculteurs du Mexique et du Nicaragua pour mettre au point une méthodologie crédible pour mesurer et vérifier le carbone stocké dans les plantations de café.

Financé par le Fonds d'innovation de la SFI, ce projet sur 2 ans a été conclu en 2009 ; il a pour objectif...

- d’aider à combattre le changement climatique en développant la reforestation ;

- de permettre aux producteurs de café de percevoir un revenu supplémentaire grâce à la plantation et à la culture d'arbres sur leurs exploitations ainsi que par la vente du carbone absorbé par les arbres ;

- de choisir une méthodologie qui peut être utilisée dans d'autres régions et secteurs ;

- d’éviter les coûts de transaction élevés normalement associés à des projets de compensation carbone.

Les avantages à reboiser les terres de culture du café

 

Les climatologues considèrent le reboisement, en particulier dans les pays tropicaux, comme l'un des moyens les plus pratiques et les moins coûteux pour atténuer le changement climatique. En plantant des arbres à l'ombre des caféiers, les agriculteurs peuvent tirer du dioxyde de carbone (CO2) - le gaz à effet de serre le plus responsable du changement climatique - de l'atmosphère en le stockant dans les arbres.

Outre le fait de contribuer à ralentir les effets du changement climatique, le reboisement permet aussi de conserver la biodiversité en fournissant des habitats essentiels à la faune, aide les producteurs de café à améliorer la qualité de leurs fèves, fournit du bois de chauffe, des matériaux de construction, des fruits et d’autres biens forestiers, et protège les bassins versants qui procurent de l'eau potable.

Le marché des crédits carbone, actuellement évalué à 120 milliards de dollars, continue à se développer. Comme les entreprises cherchent à compenser volontairement leurs émissions carbone et à compenser les émissions qu’elles ne peuvent pas éliminer, le stockage du carbone - à travers des activités comme le reboisement - a le potentiel de générer d’importantes retombées économiques pour les agriculteurs qui peuvent proposer des crédits à vendre sur le marché carbone.

Certains agriculteurs perçoivent déjà de modestes revenus pour les compensations carbone, la protection des ressources hydriques et d'autres « services environnementaux ». Le barrage de donner aux petits producteurs davantage accès au lucratif marché carbone réside dans le coût des études et le système de contrôle réclamé par les acheteurs de crédits carbone. Sans de telles garanties, comment les investisseurs peuvent-ils être certains que les arbres ont bien été plantés et continuent à pousser ?

Les fermes certifiées Rainforest Alliance font déjà l'objet de contrôles annuels rigoureux pour vérifier leur conformité avec les critères stricts de durabilité sociale, environnementale et économique fixés par le SAN (Sustainable Agriculture Network – Réseau d’Agriculture Durable), un consortium d'ONG. Si les auditeurs pouvaient mesurer le carbone séquestré dans les arbres plantés pour la vente de crédits carbone lors de l’audit des normes SAN dans les exploitations agricoles, les coûts de contrôle du carbone serait faible et la crédibilité des résultats serait élevée.

Les normes SAN exigent et contrôlent déjà le reboisement, mais les arbres plantés dans le cadre de projets carbone de reboisement s’ajoutent aux arbres déjà existants et aident les plantations à atteindre les normes SAN. Il résulte de ce projet que les groupes de fermes admissibles, les négociants en café, les associations et les développeurs d'autres projets ont maintenant à disposition un guide sur la façon de mettre en œuvre une méthodologie largement admise  - mais très technique - pour les activités d'agroforesterie à petite échelle qui leur permettra de participer au marché mondial du carbone.

Les méthodes d’évaluation carbone

Rainforest Alliance prévoit que les « crédits-carbone » résultant de projets de reboisement - guidés par le processus décrit ici – pourra être vendu de deux façons : via un «modèle d'agrégation", où un certain nombre d'agriculteurs peuvent consolider leurs crédits-carbone pour vendre à un acheteur, et via un «modèle café plus carbone», où des individus et des petits groupes de caféiculteurs peuvent gagner un revenu supplémentaire en vendant des crédits-carbone à travers la chaîne de valeur du café conventionnel.

En 2009, Rainforest Alliance a testé sa méthodologie au Mexique et au Nicaragua afin de s'assurer qu'elle était adaptée aux projets de reboisement carbone des exploitations d'Amérique Centrale. Cependant, avec des informations supplémentaires, cette méthodologie utilisant les outils développés par Rainforest Alliance, peut s’appliquer à l'ensemble des régions productrices de café et de cacao dans le monde. L'industrie du café et les consommateurs soutiennent ce concept, et les projets de compensation carbone liés aux efforts actuels de conservation de la nature offrent des avantages évidents pour l'industrie, les agriculteurs et la planète.

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