Depuis la Conférence Mondiale sur le Cacao

22 novembre 2012

La première Conférence Mondiale sur le Cacao se déroule à Abidjan du 19 au 23 novembre, en Côte d'Ivoire. Les acteurs clés de l'industrie du cacao sont présents à la conférence, y compris notre propre équipe d'experts en cacao. Ce blog vient directement d'Abidjan, où notre délégation participe à l’événement et aux discussions sur l'importance d'une agriculture durable. Sarah Fadika Khanu du programme cacao chez Rainforest Alliance, s’exprime depuis la conférence...

Le samedi 17 novembre, j'ai quitté Londres pour Abidjan, connu sous le nom de la Perle des Lagunes. Dès mon arrivée à l'aéroport, j'ai pu sentir l'excitation qui règne autour de la Conférence Mondiale sur le Cacao et la fierté des citoyens d'accueillir un tel événement, sans précédent, dans leur ville. Cette semaine, l'industrie mondiale du cacao est là dans la ceinture du cacao d'Afrique occidentale. "Akwaba!" Ou "Bienvenue" comme diraient les Ivoiriens.

La Conférence Mondiale sur le Cacao est un événement extraordinaire ici en Côte d'Ivoire. Les ivoiriens n'ont pas connu une telle joie de vivre depuis les grandes années du «miracle ivoirien» des années 1970 et du milieu des années 1980, qui résultait des cours favorables du cacao sur les marchés internationaux et d'un environnement politique stable.

Le pays tout entier est mobilisé pour accueillir l'événement, considéré comme un grand espoir pour relancer une économie et un pays laissés à la traîne depuis la grande crise économique et politique de 2010. En tant que tel, il n'est pas surprenant que "L'Hôtel Ivoire" fut choisi pour accueillir l'événement car il est en fait le principal symbole de la gloire passée de la Perle des Lagunes.

Tout le monde est présent pour l’événement, toute l'industrie du cacao et ses parties prenantes. C’est sans doute l'une des plus grandes plates-formes depuis la conférence de l’Organisation Internationale du Cacao (ICCO - International Cocoa Organisation, en anglais) à Trinidad-et-Tobago en 2008. Rapidement, je mets des visages sur des noms qui me sont familiers dans les e-mails de correspondance. L'excitation est là et chacun est fier de jouer son rôle et de montrer son engagement pour améliorer la filière cacao vers la durabilité.

Sarah Fadika Khanu à la Conférence Mondiale sur le Cacao à Abidjan La conférence a débuté par un discours de bienvenue d’ICCO et des plus hautes autorités africaines de Côte d’Ivoire et d’Afrique de l’Ouest. Pour la Côte d’Ivoire et les institutions gouvernementales du secteur du cacao, la priorité est d'augmenter la productivité, de réduire le phénomène persistant du travail des enfants, de clarifier l'image du cacao ivoirien et le plus important, d’améliorer les conditions de vie des planteurs de cacao. Ces points de vue des autorités ivoiriennes sont généralement sur la même ligne que ceux de l'ensemble de l’industrie du cacao. L'industrie chocolatière et les négociants ont également souligner l'importance de récompenser les bonnes pratiques de production, à l’instar de la certification de pratiques agricoles durables,  mais aussi de porter le secteur du cacao au-delà, vers plus de protection de la biodiversité, l'amélioration des moyens de subsistance et le commerce éthique.

Pour notre délégation composée de moi-même et Christian Mensah - directeur Paysages Durables de l’Afrique de l'Ouest, Mercedes Tallo - directrice Chaînes de Valeur Durables, Melanie Bayo de CEFCA (ONG ivoirienne représentant Rainforest Alliance pour la formation et l'assistance technique en Côte d'Ivoire, unique en son genre), l’occasion d’exprimer nos points de vue a eu lieu le deuxième jour de la conférence.

La session sur la certification a été la plus importante en termes d'audience et d’attentes, et aussi l'une des plus controversée. Dans ce contexte, Christian a brillamment fixé toutes les attentes et a démontré que le programme de certification Rainforest Alliance a toujours consisté, en priorité, à être en mesure de parvenir à la durabilité en travaillant dans le meilleur intérêt des agriculteurs, de leurs communautés et de l'environnement. Le place particulière où nous nous situons en tant qu'organisme de certification parmi d’autres certificateurs et, surtout, ce que nous offrons au-delà de la certification a été clairement démontrée : Rainforest Alliance n'est pas seulement un organisme de certification, nous disposons aussi d'équipes techniques locales qui effectuent un vrai travail de terrain dans chacun de nos programmes en Agriculture, Sylviculture, Climat, Éducation et Suivi & Évaluation ; et nous concentrons assurément nos efforts sur un outil (la certification) pour atteindre un objectif interdépendant (des écosystèmes sains et de bonnes conditions de vie pour les populations locales).

Les défis de l'industrie du cacao en matière de développement durable se situent au niveau de l'amélioration durable de la productivité, de la protection de la biodiversité et de l'amélioration globale des conditions de vie des agriculteurs. La charge émotionnelle et affective fut dense lorsque les producteurs de cacao se sont exprimés, et on fait part de leur déception sur l’environnement actuel, se sentant bafoués et victimes des lois du marché.

Les enseignements tirés de cette conférence sont que les agriculteurs, leurs enfants et la protection de l'environnement doivent demeurer la priorité de l'industrie. En tant que membres du personnel de Rainforest Alliance, nous sommes sortis plus humbles de cette expérience et aussi plus confiants dans le fait que nous œuvrons à la résolution des problèmes pour atteindre ces objectifs main dans la main avec l’ensemble des acteurs du cacao,  locaux et internationaux.

Depuis la Conférence Mondiale sur le Cacao à Abidjan, Hôtel Ivoire,  le 22 novembre 2012

Sarah Fadika Khanu

Merci à tous

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