Le projet carbone forestier Suruí a obtenu la Validation sur le Climat

5 juin 2012

Paiter Suruí – une tribu de l’Amazonie au Brésil – est le premier groupe indigène à être validé conforme aux deux principales normes mondiales du marché du carbone, conçues pour assurer une intégrité écologique tout en apportant des bénéfices socio-économiques aux communautés locales. Le projet de carbone forestier Suruí (SFCP) a été validé conforme par Rainforest Alliance et son partenaire Imaflora (ONG brésilienne) aux normes CCB (Climat, Communauté et Biodiversité) – seconde édition du standard, catégorie Or -  et VCS (Voluntary Carbon Standard – Standard Volontaire pour le Carbone).

En attribuant aux communautés comme Suruí une prime économique pour conserver leurs forêts, les programmes de validation sur le climat répondent alors aux objectifs fixés lors du premier Sommet de la Terre de Rio. En conservant de grandes surfaces de forêts tropicales, qui seraient autrement déboisées, la communauté Suruí  peut avoir accès au marché de crédits carbone. Les entreprises désirant compenser leurs émissions de carbone peuvent acheter des crédits en provenance de projets comme SFCP, qui réduisent les émissions. Les projets de carbone forestier représentent une plateforme efficace pour favoriser la préservation des forêts tout comme la réduction des effets du changement climatique, enjeux au cœur des préoccupations du prochain Sommet de la Terre Rio+20.

“La validation du projet carbone Suruí démontre qu'il est possible pour des groupes indigènes de mettre en place, de leur propre initiative, un projet carbone respectant les mesures de protection applicables au niveau national et international et qui intègre ce qui compte le plus pour les groupes indigènes : leur consentement informé, libre et préalable” explique Mauricio Voivodic, directeur exécutif d'Imaflora. “Ce projet sert d'exemple pour d'autres groupes indigènes à la recherche d'opportunités sur le marché du carbone.” 

Situé dans l'Amazonie brésilienne, le projet SFCP couvre une superficie de 31 994 hectares de terres sur le territoire indigène Sete de Setembro (TISS), une zone sous haute pression de déforestation en raison de la conversion des forêts en terres agricoles. Dans la région, plus de 2,4 millions d'hectares ont été déboisés entre 2000 et 2009. Pour les 30 années à venir, le but de SFCP est d'éviter la coupe de 13 575 hectares de forêts tropicales et l'émission de 7 423 806 t CO2e dans l'atmosphère tout en en contribuant à la préservation du mode de vie et des traditions du peuple Paiter Suruí.

“Les Suruí ont vraiment mené eux-mêmes le processus et les prises de décision de leur projet carbone dans le cadre de la Réduction des Émissions provenant de la déforestation et de la dégradation des forêts (REDD+) et ils l'ont fait à un très bon niveau” indique Jeff Hayward, directeur du programme Climat de Rainforest Alliance. “Ceci marque une étape importante et constitue un exemple remarquable dans le sens où les communautés forestières, notamment les groupes indigènes, peuvent tracer leur propre destin et mettre en œuvre et gérer des projets REDD+ avec succès.”

Le VCS et le CCB sont actuellement les deux principales normes du marché du carbone :  le VCS est particulièrement performant pour la quantification du carbone des projets luttant contre le changement climatique et la norme CCB permet de garantir des projets forestiers tout en apportant également des bénéfices environnementaux (biodiversité) et sociaux pour les communautés locales.

Rainforest Alliance et Imaflora ont joué un rôle significatif dans la validation de ce projet, en s'assurant du respect des règles en vigueur dans le cadre de ce projet REDD+ et de sa conformité aux normes les plus rigoureuses pour les évaluations de ce type de projet. Rainforest Alliance poursuit sa mission en aidant les pays en développement et les communautés locales à mettre en oeuvre des solutions à long terme pour remédier aux effets du changement climatique, et ce projet sert de point de référence et démontre comment réaliser des projets REDD+ de façon efficace dans les communautés indigènes.

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